広島大学フランス文学研究 40号
2021-12-25 発行

サドの読者フーコー

Foucault, lecteur de Sade
重見 晋也
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抄録(他言語)
Les textes du XVIIIe siècle servent de point de départ à la réflexion du philosophe Michel Foucault. Il s’appuie notamment sur l’œuvre du marquis de Sade, qu’il évoque dans « Préface à la transgression », article de 1963 consacré à Georges Bataille. Il analyse le rapport entre la transgression et les limites, fondamental dans la « philosophie de l’érotisme » de Bataille. Puis, il compare l’érotisme de Bataille à celui de Sade. Il conclut que le discours de Sade reste discursif, tandis que Bataille recourt au discours non discursif. Ainsi, il considère Sade comme un philosophe de l’époque classique.
Foucault reprend son étude de la transgression de 1963 pour la prolonger dans une conférence en deux parties donnée en 1970 aux États-Unis. Il analyse le discours philosophique de Sade dans Juliette et Justine et constate un schéma du redoublement avec un pli. Pour lui, ce schéma représente un discours non discursif comme chez Bataille.
Foucault estime donc que le discours, chez Sade, s’avère tantôt discursif, tantôt non discursif . En 1966, dans Les Mots et les Choses, il traite de nouveau du schéma plié évoqué pendant la conférence de 1970. Il le considère notamment comme « un redoublement empirico-transcendantal » de la discussion générale présente dans l’œuvre ou une marque d’un discours non discursif. Pour lui, dans l’Histoire de Juliette, le discours sadien constitue une épistémè classique : il est donc discursif. En revanche, Justine témoigne de la fin de l’époque classique, sans toutefois représenter l’époque moderne.
En analysant les textes de Sade, Foucault met en œuvre une valorisation indécise, expression de son idée de l’épistémè.