広島大学フランス文学研究 26号
2007-12-25 発行

レーモン・クノー, パタフィジシアン : 『地下鉄のザジ』におけるユーモアの射程

Raymond Queneau, pataphysicien : De l'humour dans Zazie dans le m?tro
原野 葉子
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抄録(他言語)
On sait bien que Raymond Queneau (1903-1976) fut l'un des membres les plus actifs du Collège de 'Pataphysique. En effet, tout au long de sa vie littéraire, l'écrivain n'a eu de cesse d'approfondir cette méta-métaphysique, dite « la science des solutions imaginaires » (Alfred Jarry). Cela s'observe surtout, nous semble-t-il, dans sa quête du « véritable humour » ubuesque. Nous nous proposons ainsi d'analyser cet aspect de « franche rigolade », dans Zazie dans le métro (1959), et par là, de révéler son caractère dé-constructif contre l'institution littéraire. « Doukipudonktan » ? Dès le premier abord, l'orthographe phonétique frappe la vue. En se donnant l'apparence d'une langue quasi-étrangère, le « néo-français » dénonce paradoxalement la facticité des Belles-lettres. En outre, le fait que l'espace romanesque est marqué par une théâtralité excessive nous rappelle sans cesse les mots de Gabriel : « tout ça c'est du bidon ». Loin d'être un roman réaliste sur le Paris des années 50, il s'agit plutôt d'un méta-roman, d'une attaque aussi minutieuse que radicale contre l'illusion mimétique. Nous y voyons aussi la recherche d'une nouvelle possibilité du roman. L'enjeux du texte se trouve ainsi, à notre avis, dans une certaine anormalité que représentent les personnages principaux. La petite Zazie (Zézu-Jésus), par exemple, cette anti-héroïne moderne et barbare n'est rien moins qu'une pierre d'achoppement lancée dans la République des Lettres. De même Gabriel, « danseuse de charme » dans une boîte de « tantes », nous apprend la force du rire : joyeuse et désespérée. Stratégie pour survivre au-delà de la mort du roman.
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