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ID 24760
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Sur «le fils de M. Othon» de La Peste
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French literature
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La mort du «fils de M. Othon» constitue l'épisode central de La Peste. Mais, chose curieuse, son vrai nom est habilement dissimulé dans cette chronique quoiqu'il ait eu réellement un nom, Philippe. Comment et pourquoi Camus veut-il lui garder l' anonymat?

Le nom n'est mentionné que deux fois, une fois de son vivant et une autre après sa mort. Jusqu' à sa mort il est pratiquement impossible de savoir de qui il s'agit. La première mention se rencontre dans la troisième séquence de la première partie, dans «les carnets de Tarrou» où Tarrou note la conversation d'une famille encore inconnue qui est venue prendre un repas dans l'hôtel où celui-ci descend. Pour arriver à savoir que le père de cette famille n'est autre que ce M. Othon que le narrateur a brièvement présenté dans la séquence précédente, une lecture approfondie s'impose; il faut se rendre compte, pour les deux descriptions que sépare la séquence, que les indices concernant le physique et l'habillement de M. Othon coïncident. De cette façon, l'anonymat est conservé avec beaucoup d'habileté et de maîtrise.

Il faut remarquer d'ailleurs que «le fils de M. Othon» n'est jamais appelé «enfant» mais «petit garçon». Par contre, dans la scène de sa mort, il est appelé pour la première fois «enfant» et ce mot revient fréquemment. Il est remarquable que le mot enfant apparaisse vingt-cinq fois dans cette séquence; ce qui constitue à peu près soixante-dix pour cent de l'ensemble des emplois du mot dans l'ouvrage. La fréquence du mot enfant enlève au «fils de M. Othon» non seulement toute individualité mais aussi toute détermination de sexe; elle l'élève au rang de victime innocente, autrement dit, il devient le symbole de l'enfant innocent.

Par conséquent, quand M. Othon prononce incidemment le nom de son fils après sa mort, «le fils de M. Othon» étant devenu pour nous un être anonyme et le symbole de l'enfant innocent, ce nom «Philippe» n'a plus de raison d'être.

Pourquoi alors avoir attribué ce nom de Philippe au «fils de M. Othon»? On pourrait imaginer plusieurs raisons dont la première serait de lui conférer une réalité. Cependant pour faire d'un être vivant le symbole de l'enfant innocent, il a fallu au contraire que sa réalité s'efface et qu'il devienne anonyme. C'est en voulant répondre à cette exigence sévère de la création artistique que Camus a réussi à donner corps à l'image de l'enfant innocent.
journal title
The Hiroshima University Studies Faculty of Letters
volume
Volume 52
start page
214
end page
226
date of issued
1992-12-28
publisher
広島大学文学部
issn
0437-5564
ncid
SelfDOI
language
jpn
nii type
Departmental Bulletin Paper
HU type
Departmental Bulletin Papers
DCMI type
text
format
application/pdf
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department
Graduate School of Letters
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