Studies in European and American Cultures Issue 16
2009-12-13 発行

フランソワ1世治下のパリのブルジョワ日記(前) : 「パヴィアの敗戦」までのニュースあるいは「噂」

Les journaux de deux bourgeois de Paris sous le règne de François Ier (première partie) : nouvelles et bruits jusqu'à la défaite de Pavie
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abstract
On dispose de journaux, de chroniques, de livres de raison comme documents pour connaître la vie quotidienne d'un individu. Mais, cet individu, comment a-t-il recueilli les informations qui composent la matière de son texte? Qu'est-ce qu'il a écouté, regardé, et lu? Et où et comment? Pour éclairer la nature des savoirs communément partagés à l'époque de François Ier, nous procédons à l'analyse du journal de deux bourgeois de Paris: Journal d'un bourgeois de Paris sous le règne de François Ier (1515-1536) et le livre de raison tenu de 1519 à 1530 par maître Nicolas Versoris. La personnalité et la vie des narrateurs nous échappent à la lecture de ces journaux. Car ceux-ci se caractérisent par une objectivation qui nous aide cependant à comprendre la mentalité et la nature des savoirs communément partagés par leur milieu.

Nous examinons ici leurs descriptions jusqu'à la défaite de Pavie (février 1525). Ils écrivent tantôt comme témoin oculaire ou auditeur de nouvelles tantôt comme lecteur des écrits (occasionnels, canards) sur les divers événements survenus à Paris ou en province: décisions de la ville, cérémonies publiques, processions, punitions publiques et exécutions, «mauvais garçons», incendies etc... Il est à noter que les deux auteurs partagent une meme interrogation sur le sens à donner aux événements prodigieux: la grande cornette d'Anvers, "un vers en vie" de feue madame Vernade, un monstre à tête d'homme juxtaposé à la ballade de Luther. Cette sensibilité nous permet de penser avec vraisemblance qu'ils sont habités par l'anxiété et aussi par la peur de la mort qui les entourait à cette époque. Cette préoccupation transparait dans les multiples insertions sur la naissance et la mort des parents et des gens proches dans le livre de raison. L'écriture dans le Journal prouve que cet anonyme recourt plus souvent aux écrits que l'auteur du livre de raison. Par contre, Versons exprime quelquefois son propre avis ou son impression des événements alors que l'auteur du Journal reste toujours muet sur ces questions.